Un feu allumé parmi les oliviers de Corni di Fiasco

Corni di Fiasco · Alentours · Fêtes et traditions

Fêtes et traditions des Pouilles, mois par mois

À Novoli, en janvier, on met des semaines à monter une montagne de sarments de vigne, et on la brûle en une soirée. À Monopoli, en décembre, on attend à l’aube une Vierge qui arrive de la mer sur un radeau. À Gallipoli, en juillet, la sainte sort en bateau et fait le tour des remparts, les bateaux de pêche dans son sillage. Par ici, chaque mois, il y a quelqu’un qui allume un feu, porte un saint en procession ou fait frire quelque chose.

Voici le calendrier des fêtes et des traditions des Pouilles, de janvier à décembre, dans les villages qu’on rejoint depuis Corni di Fiasco en une heure et demie de voiture au plus, plus quelques exceptions qui valent le voyage. Les dates changent chaque année : avant de partir, regardez le programme.

Le pourquoi des rites, qui les a apportés et ce qu’il y avait avant, nous le racontons dans les Histoires de Maruggio, au chapitre sur le païen, et dans le chapitre des Pouilles sur les saints, les feux et les dieux plus anciens. Ici, c’est le quand.

Janvier

Les Pouilles en janvier : la Fòcara de Novoli et les feux de la Saint-Antoine et de saint Cyr

La Befana, la vieille sorcière de l’Épiphanie, n’a ici aucun rite à elle qui vaille la peine d’être raconté : le 6 janvier, les fêtes finissent, un point c’est tout. Le plus beau commence cinq jours plus tard, et il commence par le feu.

Le soir du 11 janvier, à Castellana Grotte, à une heure vingt de la maison, on allume les Fanòve : des dizaines de bûchers dans le centre, en périphérie et dans la campagne, et le premier, vers sept heures, devant le sanctuaire de la Madonna della Vetrana. Le lendemain, la Vierge sort en procession et reçoit les clés de la ville. La tradition raconte que pendant la peste de 1690 deux prêtres eurent la même inspiration : guérir les malades avec l’huile de la lampe de la Vierge, et que les feux rappellent les affaires des malades qu’on brûlait pour arrêter la contagion. Avant les feux passe encore la « Diana », un cortège avec la fanfare qui fait le tour des moulins pour recueillir l’huile.

À Novoli, à moins d’une heure, le soir du 16, veille de la Saint-Antoine-Abbé, on allume la Fòcara. C’est un bûcher de sarments de vigne, ceux de la taille, haut d’une vingtaine de mètres, certaines années davantage : les mesures changent d’une édition à l’autre. Ceux qui le construisent s’appellent les pignunai. Le matin, avec la « bardatura », l’image du saint est hissée au sommet ; l’après-midi, on bénit les animaux et la procession passe ; le soir, les feux d’artifice grimpent le long du bûcher et l’embrasent. On dit que c’est le plus grand feu de la Méditerranée. Personne ne l’a jamais mesuré, mais une fois au pied du bûcher, on n’a pas envie de discuter.

Saint Antoine, le 17, fait allumer des feux ailleurs aussi. À Gallipoli, à une heure, les focareddhe, des feux d’olivier et de vigne, ouvrent le Carnaval. « Per Sant’Antuono maschere e suono » (à la Saint-Antoine, masques et musique), dit le proverbe, et de fait, à partir de ce jour-là, commencent à Putignano les jeudis du Carnaval.

Puis vient le tour de Grottaglie, la ville de la céramique, à vingt-cinq minutes. Saint Cyr, San Ciro pour les gens d’ici, y est vénéré comme médecin et martyr égyptien, et c’est un jésuite du pays, saint François de Geronimo, qui l’a apporté de Naples. Le soir du 30, veille de sa fête, on allume la Fòcra : une énorme cabane de fagots d’olivier et de sarments de vigne, sans un seul vieux meuble, avec à l’intérieur une pièce où l’on entre avant qu’elle brûle. Pour l’édition 2026, la construction avait commencé à la mi-octobre ; un ou deux jours avant la fête défilent les chevaux qui apportent les fagots. En 2026, autour du feu, il y avait environ trente mille personnes ; pour les enfants, il y a une focaredda rien qu’à eux. Celui-là aussi, à entendre les gens de Grottaglie, est le plus grand feu d’Europe. À Novoli, ils disent pareil.

La Région, en 2018, a voté une loi exprès pour les rites du feu. Par ici, personne n’a trouvé ça bizarre.

Si vous restez quelques semaines en hiver, vous trouverez tout le reste sur la page consacrée aux longs séjours d’hiver.

Février

Les Pouilles en février : le Carnaval de Putignano, la Quaremma et la Chandeleur

Février commence par un ours. Le 2, à la Chandeleur, à Putignano, deux ours géants en papier mâché mènent un cortège, et l’ours dit si l’hiver est fini.

Trois jours plus tard, c’est la Sainte-Agathe, la sainte de la cathédrale de Gallipoli. La tradition raconte qu’en 1126, tandis que ses reliques voyageaient de Constantinople à Catane, l’une d’elles resta sur la côte de Gallipoli : un sein. Aujourd’hui, cette relique est à Galatina, et entre les deux villes la question n’est toujours pas réglée.

Le 20 février est une drôle de date. Ce jour-là, en 1743, un tremblement de terre secoua le Salento, et Nardò fut la ville la plus touchée. Aujourd’hui, le même jour, trois villes remercient le saint ou la Vierge à qui elles attribuent leur salut. Nardò, à cinquante minutes, remercie son patron, saint Grégoire l’Illuminateur, San Gregorio Armeno en italien : sa fête tombait le 30 septembre, et on l’a déplacée exprès au jour du séisme. Le 20, sur la piazza Salandra, la cloche de la tour sonne cent coups pour les victimes ; le buste du saint passe en procession avec le bras-reliquaire, la veille au soir ou le jour même, selon les années. La légende veut que pendant la secousse la statue du saint se soit tournée vers l’épicentre, la main levée. La relique de l’avant-bras fut volée en 1975, et en 1981 le cardinal de Naples en offrit une autre. Le même jour, pour le même séisme, Oria remercie saint Barsanuphe et Massafra la Madonna della Scala.

Puis il y a le Carnaval, dont la date bouge avec Pâques et qui finit le mardi gras, entre février et début mars. Le plus célèbre est celui de Putignano, à une heure vingt, qui en février dure déjà depuis la Saint-Étienne (comment il commence, nous le racontons en décembre). À partir de la Saint-Antoine de janvier, chaque jeudi se moque d’une catégorie : les monseigneurs, les prêtres, les religieuses, les veufs, les fous, les femmes mariées et, pour finir, les cocus. Le mardi gras, la « Campana dei maccheroni », la cloche des macaronis, sonne 365 coups et clôt le tout. À Putignano, on dit que c’est le plus ancien carnaval d’Europe : ils ont un récit de 1394, Venise des documents du XIIIe siècle. Les chars datent du XXe siècle, et ils n’en font pas moins d’effet.

À Gallipoli, le Carnaval meurt d’indigestion. Le mardi gras, la ville met en scène sa mort, et la légende veut que Titoru, un soldat rentré chez lui justement ce jour-là, se soit gavé de saucisses et de boulettes pour rattraper le temps perdu, qu’il y soit resté, et qu’à l’enterrement les chiangimorti, les pleureuses, l’aient pleuré. Ailleurs, on meurt moins. À Massafra, les chars en papier mâché défilent depuis les années cinquante, avec les masques de Gibergallo et de Lu Pagghiùsë ; à Francavilla Fontana, à vingt-cinq minutes, les deux jeudis qui précèdent le mardi gras, hommes et femmes s’échangent les mandorle ricce, des amandes grillées et enrobées de sucre.

Le mercredi des Cendres, sur les balcons du Salento, apparaît une vieille femme vêtue de noir. C’est la Quaremma, ou Caremma : un pantin de paille et de chiffons, suspendu aux balcons, aux terrasses, à un fil tendu entre deux maisons. D’une main, elle tient le fuseau avec la laine ; de l’autre, une orange amère piquée de sept plumes de poule, autant que de semaines jusqu’à Pâques. Chaque semaine, on en retire une : c’est un calendrier. Qui elle est, chacun le raconte à sa façon : la veuve du Carnaval mort, ou sa mère, comme à Gallipoli, où la Caremma est la maman de Titoru. Le nom, paraît-il, ce sont des soldats français qui l’ont apporté : c’est votre carême. Une belle histoire, sans preuve écrite. On la voit dans la Grecìa salentina, à Martano, Martignano, Soleto, Sternatia, à plus d’une heure ; à Gallipoli, à Tuglie, à Cerfignano, où elle tourne sur elle-même. À Maruggio, pas que l’on sache. Pendant le Carême, dans le Salento, on mange les quaresimali, des biscuits aux amandes grillées.

Mars

Les Pouilles en mars : le feu de San Marzano et les tables de la Saint-Joseph

Mars est le mois de saint Joseph, et ici saint Joseph veut dire deux choses : un feu et une table.

Mais d’abord, il y a une marche. De Sava, à vingt minutes, on va à pied au sanctuaire de la Madonna di Pasano, à trois kilomètres du village, en général le premier dimanche de mars, mais la date, mieux vaut la demander sur place. La légende veut qu’en 1605 un esclave enchaîné, au service d’un capitaine, ait prié la Vierge, et qu’un rocher en tombant lui ait brisé le fer à la cheville. Le récit fut mis par écrit plus d’un siècle après. Le rocher et le fer, eux, sont toujours au sanctuaire.

Le feu, c’est à San Marzano di San Giuseppe, à moins d’une demi-heure, le village où l’on parle encore l’arbëresh, l’albanais arrivé ici au XVIe siècle. On raconte que dans la nuit du 18 au 19 mars 1866 une tempête dévasta les campagnes, que le village y vit une punition pour avoir négligé sa dévotion, et que le lendemain les gens rapportèrent au village les branches tombées et allumèrent un grand feu devant le palais du marquis. Cette année-là, saint Joseph devint le patron, et le village ajouta son nom au sien. Le feu, on l’appellerait encore zjarri i madh, le grand feu. Le 18 mars, l’après-midi, passe la procession du bois : des gens à pied, des charrettes tirées par des chevaux, des tracteurs chargés de bois d’olivier. À l’arrivée, le maire remet au saint les clés de la ville, et vers neuf heures du soir, au lieu-dit Principe, le bûcher s’embrase sous les feux d’artifice. Le même jour, dans une maison, cinq habitants du village figurent la Sainte Famille devant une table de treize plats : salade, purée de fèves, lampascioni (des bulbes sauvages), soupe de haricots et de pois chiches, chou-fleur, morue frite, la massa (des pâtes maison) à l’ail, à l’huile et aux olives, stockfisch, blé cuit, pain, oranges et fenouil, zeppole et carteddate. Le 19, à midi, on bénit sur la place les mattre, les tables des pauvres ; l’après-midi, il y a la procession, le soir les feux d’artifice.

On dresse aussi les tables à Lizzano, à un quart d’heure. Le soir du 18, on va de maison en maison pour les voir, à la lumière des lampes à huile, sous les grandes images du saint ; le 19, il y a la « table du lendemain », avec la dégustation et un feu. Parmi les douceurs, les pizzetti ti cannella, à la cannelle, et les pasti ti mennula, la pâte d’amande.

Plus bas dans le Salento, vers Otrante, à plus d’une heure, les tables du 18 et du 19 mars ont leurs saints en chair et en os. À Giurdignano, Uggiano la Chiesa, Minervino, Poggiardo, une famille invite à déjeuner quelques personnes qui font « les saints », toujours en nombre impair, de trois à treize. Le repas est maigre, il s’arrête et reprend sur un signe de saint Joseph, et il se termine par un fenouil et une orange. Au milieu du repas, la massa aux pois chiches, couverte de lamelles de pâte frite, et un pain votif avec le bâton fleuri en relief.

Le gâteau du 19 mars, c’est la zeppola : dans le Salento, frite, en pâte à choux, garnie de crème.

Mars ou avril

Les Pouilles en avril : la Semaine sainte de Tarente et Pâques

La Semaine sainte, c’est le moment où les Pouilles deviennent sérieuses. Sa date suit celle de Pâques, qui tombe le dimanche après la première pleine lune du printemps, entre le 22 mars et le 25 avril : le plus souvent en avril, mais environ une fois sur trois fin mars. En 2027, par exemple, Pâques tombe le 28 mars, et le Jeudi saint le 25.

À Tarente, à une demi-heure, le Jeudi saint, de l’église du Carmine sortent les perdùne : des confrères encapuchonnés et pieds nus qui vont deux par deux de reposoir en reposoir, d’un pas extrêmement lent, la nazzecata, un balancement qui semble ne mener nulle part. À minuit sort l’Addolorata, la Vierge des Douleurs. Le Vendredi saint sortent les Misteri, les statues de la Passion, qui ne rentrent que le samedi matin. Nous en parlons dans les Histoires de Maruggio, au chapitre sur le sacré et dans la page sur Tarente et le MArTA.

À Francavilla Fontana, à vingt-cinq minutes, les encapuchonnés s’appellent pappamusci : pieds nus eux aussi, ils vont d’église en église, raconte-t-on, dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint ; le Vendredi sortent les Misteri.

Pendant ce temps, il ne reste plus beaucoup de plumes à la Quaremma. À la fin du Carême, on la brûle, souvent avec des pétards, le Samedi saint quand sonnent les cloches ou le jour de Pâques : chaque village a son heure. À Ruvo di Puglia, la vieille s’appelle Quarantana, et elle brûle le jour de Pâques, après la procession du Christ ressuscité.

À table, dans le Salento, il y a l’agneau en pâte d’amande des bénédictines de Lecce, et il y a la cuddhura, le gâteau de Pâques. Du côté de Bari, à Mola, le Vendredi saint, on mange le calzone, qui là-bas n’est pas frit : c’est une tourte aux oignons, aux anchois et aux olives.

Pour le reste, avril est un mois tranquille, d’orchidées sauvages et de balades sur les dunes. L’exception est tout près : à Avetrana, à vingt minutes, saint Blaise ne se fête pas le 3 février, comme partout ailleurs, mais fin avril (en 2026, du 28 avril au 1er mai), avec la procession, la bénédiction de la gorge, les fanfares, les illuminations et les feux d’artifice. Pourquoi en avril, nous n’avons pas réussi à le savoir.

Mai

Les Pouilles en mai : saint Nicolas à Bari et San Cataldo en mer

Bari, en mai, ne fête pas un saint mais une arrivée : le 9 mai 1087, une soixantaine de marins de Bari revinrent de Myre, en Asie Mineure, avec les ossements de saint Nicolas. La fête dure trois jours, du 7 au 9, et le programme change un peu d’une année à l’autre : en général, le soir du 7 défile le cortège historique, le 8 la statue part en mer, le 9 on recueille dans le tombeau la « manne ». La basilique raconte qu’une analyse de l’université de Bari, en 1925, a établi que c’était de l’eau très pure : environ un demi-litre par an. Saint Nicolas était un évêque grec, vénéré à la fois par les catholiques et par les orthodoxes, et dans la crypte on célèbre aussi la liturgie orthodoxe. Bari est à deux heures : une exception, mais elle vaut le déplacement.

À Tarente, à une demi-heure, le saint part en mer. C’est San Cataldo, le patron, et son jour est le 10 mai. Quelques jours avant, la statue d’argent est remise au maire, lors de la cérémonie du Privilège ; puis, autour du 10 (le jour change selon le programme), elle embarque sur un navire de la Marine italienne, dans la vieille ville, et, suivie des barques des pêcheurs, passe par le canal navigable entre le Mar Grande et le Mar Piccolo. Au retour, la procession remonte la via Duomo. Il paraît que San Cataldo, en jetant son anneau à la mer, a fait naître les citri, les sources d’eau douce sous la mer.

Début mai, Massafra, à cinquante minutes, accueille en ville la Madonna della Scala, qui descend de son sanctuaire dans la gravine et reçoit les clés de la ville. Au sanctuaire, on monte par un escalier de cent vingt-cinq marches, ou cent vingt-sept : en montée, on perd le compte. On raconte que l’icône fut retrouvée en suivant deux biches, et les deux biches sont toujours là, en marbre, de chaque côté de l’autel.

Juin

Les Pouilles en juin : saint Antoine, saint Jean et saint Paul à Galatina

Le 13 juin, c’est la Saint-Antoine-de-Padoue. À Maruggio, on raconte que ce jour-là, en 1637, des pirates débarquèrent à Campomarino et mirent le village à sac, et que le village remercie toujours le saint de lui avoir épargné le pire. Nous le racontons dans les Histoires de Maruggio, au chapitre sur les tours contre les Sarrasins. À Ceglie Messapica, à cinquante minutes, saint Antoine est le patron, et sa fête est un grand défilé de fanfares. Depuis quelques années, paraît-il, un bar du centre fait pour l’occasion une glace parfum Saint-Antoine. Quant au parfum, c’est un mystère de la foi.

La Saint-Jean, le 24, tombe tout près du solstice. À Maruggio, autrefois, c’était la nuit des feux ; puis, en 1928, un évêque a déplacé la fête en juillet. Sava, à vingt minutes, la fêterait encore le 24.

Fin juin, Galatina, à une heure, fête les saints Pierre et Paul, du 28 au 30. Le soir du 28, les deux saints sortent en procession et on allume les illuminations ; la nuit, la « Notte de Santu Paulu », sur la piazza San Pietro, on danse en rond ; le 29, devant la chapelle Saint-Paul, on fait revivre ce qui s’y passait encore il y a quelques décennies. C’était la chapelle où arrivaient les tarantate de tout le Salento, ces femmes qu’on disait mordues par la tarentule, pour demander la grâce au saint ; Ernesto de Martino vint les voir en 1959, et son livre, La Terre du remords, parut deux ans plus tard. Il existe des photographies de tarantate à Galatina encore en 1978. Les feux d’artifice partent dans la nuit du 29 au 30.

Et l’on raconte que c’est justement pendant cette fête, en 1745, qu’un pâtissier de Galatina inventa le pasticciotto, la petite tarte fourrée de crème. La crème pâtissière, dans le Salento, ne serait arrivée qu’à la fin du XIXe siècle. Le pasticciotto, heureusement, n’en sait rien.

Juillet

Les Pouilles en juillet : la fête de la Bruna à Matera et sainte Christine à Gallipoli

Le 2 juillet, Matera, à une heure trois quarts, promène la Madonna della Bruna. Chaque année, un artisan construit un char tout neuf en papier mâché ; des mules le tirent à travers la ville, escorté de cavaliers ; il fait trois tours sur la piazza del Duomo, la statue rentre à la cathédrale, puis la foule prend le char d’assaut et le met en pièces en quelques minutes. Qui rapporte un morceau chez soi le garde comme porte-bonheur. En 2023, pour la première fois, ce sont quatre femmes qui l’ont construit. On dit que la fête existe depuis 1389 et qu’elle fut instituée par un pape, ancien archevêque de Matera ; le char, lui, n’arrive que des siècles plus tard. Pourquoi on le met en pièces, il y a trois légendes et aucune preuve. De Matera, nous parlons aussi dans la page sur les Pouilles : Matera est-elle dans les Pouilles ?

Début juillet, Martina Franca, à une heure, a sa fête d’été, pour saint Martin et Santa Comasia. À la mi-juillet, le 13 et le 14, c’est au tour de Maruggio : saint Jean-Baptiste, le patron, celui que l’évêque a déplacé de juin en 1928. Le saint des feux du solstice, chez nous, se fête en plein été.

Gallipoli, à une heure, fait deux fêtes en dix jours. Le 15 et le 16, il y a la Madonna del Carmine ; du 23 au 25, c’est sainte Christine, la patronne. On commence à l’aube avec les feux d’artifice. L’après-midi, la statue sort du port en bateau et fait le tour des remparts, suivie par les bateaux de pêche ; le soir, elle revient à terre et parcourt les rues. En mer, au Seno del Canneto, il y a la cuccagna a mare : le mât de cocagne, mais sur l’eau. À la foire, on achète la scapece, du poisson frit conservé dans la chapelure, avec du vinaigre et du safran. On dit souvent que sainte Christine a sauvé Gallipoli de la peste. C’était le choléra, en 1867.

Août

Les Pouilles en août : processions en mer, Sant’Oronzo et la Notte della Taranta

Août est le mois le plus chargé de l’année, et aussi le plus bondé. Mieux vaut choisir. D’abord la mer.

Le 15 août, à Campomarino di Maruggio, à une minute de la maison, partent deux processions pour l’Assomption et la Madonna dell’Altomare : l’une en bateau depuis le port, l’autre à pied le long de la côte. Elles se rejoignent sur la dune de la Madonnina, où il y a aujourd’hui une chapelle et où, dit-on, se trouvait un temple grec d’Artémis. Aux mêmes dates, les Romains fêtaient Diane aux flambeaux. Que les deux choses soient liées, personne ne l’a jamais démontré. La procession y va quand même. Nous le racontons dans les Histoires de Maruggio, parmi les rites païens.

Ce n’est pas la seule Vierge qui arrive par l’eau. À Monopoli, à une heure vingt, la Madonna della Madia arrive de la mer deux fois par an. En été, le 13 août, l’icône est placée sur son trône et on allume les illuminations ; le soir du 14, vers neuf heures, le radeau accoste à Cala Batteria, avec les feux d’artifice et les plongeurs ; le 15, il y a la procession, avec les feux d’artifice sur la jetée. L’autre fois, c’est en décembre, à l’aube.

Porto Cesareo aussi, à quarante minutes, envoie sa sainte en mer : dans la seconde moitié d’août, sur quatre jours qui changent chaque année, sainte Césarée embarque le premier jour pour la procession.

Et à la fin du mois, ou début septembre, autour du premier dimanche de septembre, Brindisi, à moins d’une heure, emmène en mer saint Théodore et saint Laurent. À entendre les gens de Brindisi, les reliques de saint Théodore arrivèrent en 1210 sur une barque sans personne à bord, et c’est pour cela que les statues font toujours le tour du port en bateau.

Puis on revient à terre, et le ton change. À Otrante, à une heure et demie, le 14 août, on commémore les Martyrs. En 1480, la flotte ottomane prit la ville, et le 14 août environ huit cents hommes furent décapités sur la colline de la Minerva pour avoir refusé de renier leur foi. Le pape François les a canonisés le 12 mai 2013 : la première canonisation de son pontificat, annoncée par Benoît XVI lors du consistoire même où il annonça sa renonciation. Leurs ossements sont dans la cathédrale. Les anciens racontent que le corps du premier, Antonio Primaldo, resta debout jusqu’à la dernière exécution, et que le bourreau se convertit. Le soir du 13, il y a la veillée sur la colline ; le 14, la procession avec l’urne.

À Locorotondo, à une heure, du 14 au 17, c’est la fête de saint Roch, qui n’est pas le patron (le patron, c’est saint Georges) mais le saint à qui le village rend grâce depuis la peste de 1690. Le 16, le saint reçoit les clés de la ville ; dans la nuit du 16 au 17, il y a le concours pyrotechnique entre plusieurs artificiers, et on le regarde depuis le « Lungomare », le « bord de mer », une rue qui donne sur la vallée d’Itria. La mer, il n’y en a pas. La vue, si.

Lecce, à une heure, fête Sant’Oronzo autour du 26 août, le jour du saint, avec Juste et Fortunat : les festivités vont à peu près du 24 au 26, et le jour de la procession change d’une année à l’autre. Le patronage remonte à la peste de 1656. Il y a les illuminations, les fanfares, les feux d’artifice, et l’huile offerte pour la lampe qui brûle toute l’année devant le saint. À la foire, il y a la cupeta, le croquant aux amandes, qui n’est pas la gourmandise d’une fête : c’est celle de toutes les foires. Le 26, le même saint sort aussi à Ostuni, à une heure, mais à cheval : la Cavalcata, une quarantaine de cavaliers en uniforme rouge qui escortent sa statue d’argent.

Oria, à vingt-cinq minutes, dans la première moitié d’août, à des dates qui changent chaque année, rejoue le cortège historique de Frédéric II et le Torneo dei Rioni, le tournoi des quartiers, entre Castello, Judea, Lama et San Basilio : la joute que l’empereur, raconte-t-on, voulut pour fêter l’événement. À la fin du mois, le 30, Oria redescend dans la rue pour saint Barsanuphe, le patron : c’est la deuxième fois de l’année, après le séisme de février.

Et puis la pizzica, la danse du Salento. Dans la Grecìa salentina, l’été, tourne la Notte della Taranta, qui se termine en août par le grand concert de Melpignano, à plus d’une heure. Elle a l’air très ancienne ; elle est née en 1998, et la première édition fut une seule nuit, presque improvisée. La musique, elle, est vieille.

La mer Ionienne devant Campomarino di Maruggio, où arrive la procession en bateau du 15 août.
La mer Ionienne devant Campomarino di Maruggio, où arrive la procession en bateau du 15 août.

Septembre

Les Pouilles en septembre : saint Grégoire à Manduria, Copertino et les vendanges

Le 3 septembre, Manduria, à vingt minutes, porte en procession son patron, saint Grégoire le Grand. Ces dernières années, la statue attendait déjà depuis quelques jours dans l’église matrice ; le 3, elle sort avec la fanfare, sous les illuminations, et tard dans la soirée partent les feux d’artifice.

Francavilla Fontana, à vingt-cinq minutes, ces dernières années, a fêté autour du 14 la Madonna della Fontana et, avec elle, comme on dit là-bas, l’anniversaire de la ville. On raconte que le 14 septembre 1310 un prince angevin, à la chasse, trouva l’image de la Vierge peinte sur un mur près d’une fontaine, et que de là viennent le nom de la ville et l’exemption d’impôts : une villa franca, une ville franche. Les historiens disent que les documents sont des faux. La fête a lieu quand même.

À Copertino, à cinquante minutes, du 16 au 18, avec fanfares et feux d’artifice jusqu’au 19, c’est saint Joseph de Copertino, le saint qui volait. On raconte que dans ses extases il s’élevait du sol, et c’est pour cela qu’il fut jugé par l’Inquisition, puis acquitté. Aujourd’hui, c’est le saint des étudiants avant les examens. Le 18, pendant la procession, les avions de l’armée de l’air la survolent : pour un saint qui volait, c’est la moindre des choses.

À Alberobello, à une heure, le 27, il y a une messe à quatre heures du matin, pour les pèlerins qui arrivent à pied des villages voisins. C’est la fête des saints médecins, Côme et Damien, dits anargyres, « sans argent », parce qu’ils soignaient gratuitement : elle commence le 25 avec la foire et finit le 28, la fête des gens d’Alberobello.

Pendant ce temps, on vendange. Le Primitivo se récolte de fin août à septembre, et dans les caves du Primitivo di Manduria, c’est le moment où l’on voit tout.

Octobre

Les Pouilles en octobre : peu de fêtes, la récolte des olives et le bûcher de Grottaglie

Octobre est le mois le plus pauvre du calendrier : dans les villages alentour, nous n’avons pas trouvé une seule grande fête patronale. C’est le mois où l’on travaille. Fin octobre commence la récolte des olives, et les moulins à huile se remettent en marche ; dans les champs reviennent les chicorées sauvages, dans les vergers du golfe de Tarente les premières oranges. La mer, les jours de soleil, est encore autour de 21 degrés. Et à Grottaglie, dès la mi-octobre, le bûcher de saint Cyr, celui qui brûlera fin janvier, peut commencer à grandir : pour l’édition 2026, les travaux avaient commencé le 13 octobre.

Le reste de septembre et d’octobre, mer comprise, est dans la page sur le printemps et l’automne.

Novembre

Les Pouilles en novembre : la Saint-Martin, la Madonna del Verde et les pettole

Novembre commence par les morts. Le 2, dans les Pouilles, on prépare encore la colva : du blé cuit, des grains de grenade, des noix et du vincotto, le moût de raisin cuit. C’est le plat des morts, et le nom vient des kollyba, le blé bouilli avec lequel les Byzantins honoraient les défunts.

À la Saint-Martin, le 11, dans le Salento, on met le vin nouveau en perce. « A San Martino ogni mosto diventa vino » (à la Saint-Martin, tout moût devient vin), et avec lui viennent les châtaignes grillées, la viande à la braise, saucisse, porc et cheval, et du côté de Lecce les premières pittule de l’année, des beignets. À Martina Franca, à une heure, saint Martin est le patron, et la ville porte son nom : le 11 novembre, il y a la foire. Sur les portails de la basilique, le saint est remercié d’avoir sauvé la ville de la peste, des tremblements de terre, de la famine, des maladies du bétail et des chenilles.

Le 21 novembre, à Maruggio, c’est la Madonna del Verde, la fête qui tient le plus au cœur du village. La veille, il y a la ssittàta alla Matònna : les gens restent assis à prier dans la petite église de Santa Maria del Tempio. Puis la statue va en procession jusqu’à l’église matrice, et quand elle revient dans la petite église, il y a les feux d’artifice. On raconte que la Vierge a guéri les enfants du favisme, la « maladie verte » ; certains parlent d’une épidémie, d’autres d’un énième assaut de pillards.

L’église matrice de Maruggio, où arrive la procession de la Madonna del Verde.
L’église matrice de Maruggio, où arrive la procession de la Madonna del Verde.

À Tarente, à une demi-heure, Noël commence le 22, à trois heures du matin. Pour la Sainte-Cécile, les fanfares partent dans le noir et parcourent la ville jusqu’au matin ; dans la cathédrale San Cataldo, encore dans la pénombre, elles reçoivent la bénédiction et jouent les pastorales. Dans les maisons, on fait frire les premières pèttëlë, et on les offre aux musiciens. La légende veut que les pettole soient nées ainsi : une ménagère, distraite par la musique des joueurs de cornemuse, laissa trop lever la pâte et, pour ne pas la jeter, la fit frire. Les Tarentins disent que leur Noël est le plus long d’Italie.

Le même beignet change de nom et de jour d’un village à l’autre : pittule à Lecce, popizze à Bari, pèttëlë à Tarente ; à Rutigliano, près de Bari, on les fait le 25 novembre, pour la Sainte-Catherine. La suite est dans le chapitre sur la cuisine des Pouilles.

Des grenades sur la branche : les grains sont l’un des ingrédients de la colva du 2 novembre.
Des grenades sur la branche : les grains sont l’un des ingrédients de la colva du 2 novembre.

Décembre

Les Pouilles en décembre : Noël, les crèches et la Madonna della Madia

Le 7 décembre, veille de l’Immaculée Conception, on jeûne dans le Salento, mais sans excès : à midi, on ne mange que la puccia, un pain blanc, aujourd’hui garni sans viande : thon, câpres et anchois. Devant les boulangeries, on fait la queue. Le soir, le jeûne fini, on fait frire les pittule : « Te la Mmaculata, la prima pittulata » (à l’Immaculée, la première friture de pittule). Et si, du côté de Lecce, on a déjà fait frire les premières pittule à la Saint-Martin, tant pis : chaque village compte les siennes. Dans la vallée d’Itria, ce jour-là, on mange des pettole et de la morue frite ; à Gravina, vers Matera, à midi, on mange un tarallo à l’anis à la place du déjeuner.

À Lecce, à une heure, dans le cloître des Théatins, ouvre en décembre la Fiera dei pupi : des santons pour la crèche, en papier mâché et en terre cuite. Les dates changent chaque année (en 2025, du 6 au 28 décembre). On dit qu’elle existe depuis le XVIe siècle : c’est plus facile à croire qu’à prouver. Autrefois, elle s’appelait la foire de la Sainte-Lucie, et la Sainte-Lucie, le 13, était vraiment « le jour le plus court qui soit », mais c’était avant 1582 et le changement de calendrier.

Les crèches, ici, on les prend au sérieux. À Grottaglie, à vingt-cinq minutes, de décembre à janvier, au château, il y a l’exposition de la crèche en céramique, qui a lieu depuis 1980 ; depuis décembre 2025, il y a aussi une collection permanente, plus de deux cents crèches, au Palazzo De Felice. À San Marzano di San Giuseppe, à moins d’une demi-heure, la crèche vivante est installée dans la gravine du sanctuaire de la Madonna delle Grazie, avec environ trois cents figurants. À Tricase, vers Leuca, à une heure et demie, celle de Monte Orco existe depuis 1976.

À Monopoli, à une heure vingt, la Madonna della Madia arrive pour la seconde fois, à l’aube du 16 décembre. À Cala Batteria, on veille avec l’évêque ; avant le lever du jour partent les feux d’artifice, les plongeurs éclairent la mer de rouge, et l’icône est accueillie et portée à la cathédrale. La tradition veut qu’elle soit arrivée exactement ainsi, sur un radeau, la nuit du 16 décembre 1117, et qu’avec les poutres du radeau on ait fait le toit de la cathédrale.

La veille de Noël, à Maruggio, on allume li fuechi di cristo piccinnu, les feux du petit Jésus : pour garder vivant le rite ancien, dit-on, et pour tenir au chaud le Fils de Dieu qui venait de naître. Le réveillon, dans les Pouilles, est presque partout un repas de poisson. Dans le Salento d’autrefois, racontent les anciens, les plats devaient être neuf ou treize : les vermicelles à la morue, le capitone, la grosse anguille, les pucce aux olives, la grenade, les pittule.

Puis les douceurs, qui sont la vraie raison de venir en décembre. Les cartellate, des rubans de pâte frits et enroulés en rose, nappés de miel ou de vincotto : la légende veut qu’elles aient été le gâteau des noces de Bona Sforza, en 1518, mais sur le papier, nous ne les trouvons liées à Noël qu’au début du XXe siècle. Les purceddhruzzi, des petites boules de pâte frites dans le miel, avec des perles de sucre colorées. Le poisson en pâte d’amande des bénédictines de Lecce, l’agneau de Pâques habillé pour Noël, qu’on appelle en dialecte tuce te li signori, la douceur des seigneurs. Et les pitteddhe, des tartelettes en étoile à la confiture de raisin. Les mustazzueli, glacés au cacao, sont là aussi à Noël, mais on les trouve toute l’année, dans les foires.

Le 28 décembre, dans la cuisine de Corni di Fiasco.
Le 28 décembre, dans la cuisine de Corni di Fiasco.

À Putignano, à une heure vingt, le 26, commence le Carnaval. Après la messe et la procession de la Saint-Étienne, des groupes habillés en paysans récitent sur la place des vers satiriques en dialecte : c’est la Festa delle Propaggini. Pendant la procession, l’Église et le Carnaval échangent un cierge, comme un pardon anticipé pour ce qui va se passer. Il paraît que tout a commencé en 1394, avec les paysans qui laissèrent leurs vignes pour suivre les reliques du saint et improvisèrent des vers en chemin.

Et entre Noël et le Nouvel An, à Corigliano d’Otranto, à plus d’une heure, les chanteurs de la strina font de nuit la tournée des masserie, les fermes, avec les tambourins et l’organetto, le petit accordéon, pour porter les vœux, en griko aussi, le grec du Salento. Autrefois, en échange, ils recevaient des œufs, du fromage, des poules et du vin. Si vous passez l’hiver ici, vous trouverez le reste sur la page sur l’hiver dans les Pouilles. Puis tout recommence en janvier, par le feu.

Questions fréquentes

Quelles sont les fêtes les plus importantes des Pouilles ?

Les grands feux d’hiver, la Semaine sainte et les processions en mer de l’été. Autour de Corni di Fiasco, à Maruggio, les plus grandes sont la Fòcara de Novoli le 16 janvier et la Fòcra de Grottaglie le 30 janvier ; la Saint-Joseph à San Marzano di San Giuseppe les 18 et 19 mars ; la Semaine sainte de Tarente, la semaine avant Pâques, fin mars ou en avril ; la Saint-Nicolas à Bari du 7 au 9 mai ; la Sainte-Christine à Gallipoli du 23 au 25 juillet ; la Madonna della Madia à Monopoli le 14 août et le 16 décembre ; Sant’Oronzo à Lecce, du 24 au 26 août environ ; la Sainte-Cécile à Tarente le 22 novembre. Les dates des programmes changent chaque année et sont à vérifier.

Qu’est-ce que la Quaremma du Salento ?

La Quaremma, ou Caremma, est un pantin en forme de vieille femme vêtue de noir que, dès le mercredi des Cendres, on suspend aux balcons dans de nombreux villages du Salento. Elle tient le fuseau avec la laine et une orange amère piquée de sept plumes de poule, une pour chaque semaine de Carême : on en retire une par semaine, et à la fin, vers Pâques, on brûle la Quaremma. On la voit surtout dans la Grecìa salentina, à Gallipoli et à Tuglie, à une heure ou un peu plus de Corni di Fiasco, à Maruggio.

Qu’est-ce que la Fòcara de Novoli et quand l’allume-t-on ?

La Fòcara est le grand feu que Novoli, dans la province de Lecce, allume le soir du 16 janvier pour la Saint-Antoine-Abbé. C’est un bûcher de fagots de sarments de vigne haut d’une vingtaine de mètres, avec l’image du saint au sommet ; le soir, les feux d’artifice l’allument. On dit que c’est le plus grand feu de la Méditerranée, mais personne ne l’a mesuré. De Corni di Fiasco, à Maruggio, Novoli est à moins d’une heure de voiture.

Quand mange-t-on les pettole ?

Entre le 11 novembre et Noël, selon le village. Les pettole sont des beignets de pâte levée, frits : à Tarente, les premières se font frire la nuit de la Sainte-Cécile, le 22 novembre ; du côté de Lecce à la Saint-Martin, le 11 novembre, ou le soir du 7 décembre, veille de l’Immaculée Conception ; à Rutigliano le 25 novembre ; dans la vallée d’Itria le 7 décembre, avec la morue. On les appelle pittule à Lecce, pèttëlë à Tarente, popizze à Bari, et on les mange pendant toute la période de Noël.

Quelles sont les traditions de Noël dans les Pouilles ?

On commence tôt : à Tarente le 22 novembre, avec les fanfares de la Sainte-Cécile. Le 7 décembre, dans le Salento, on mange la puccia et le soir on fait frire les pittule ; à Lecce, il y a la foire des santons de la crèche, à Grottaglie l’exposition des crèches en céramique, à San Marzano di San Giuseppe une crèche vivante dans une gravine. À l’aube du 16 décembre, à Monopoli, la Madonna della Madia arrive de la mer. Le réveillon de Noël est presque toujours un repas de poisson, et les douceurs sont les cartellate, les purceddhruzzi et le poisson en pâte d’amande.

Quelles fêtes y a-t-il dans les Pouilles en juillet et en août ?

Les processions en mer, et ce sont les fêtes les plus bondées de l’année. Du 23 au 25 juillet, la Sainte-Christine à Gallipoli, avec la procession en bateau autour des remparts ; le 15 août à Campomarino di Maruggio, à une minute de Corni di Fiasco, deux processions, l’une en mer et l’autre à pied. En août aussi, la Madonna della Madia à Monopoli, le soir du 14 ; les Martyrs à Otrante, le 14 ; la Saint-Roch à Locorotondo, du 14 au 17 ; Sant’Oronzo à Lecce, du 24 au 26 environ, et la Cavalcata d’Ostuni, le 26 ; le cortège historique d’Oria dans la première moitié du mois et le grand concert de la Notte della Taranta à Melpignano.

Quand a lieu la Semaine sainte de Tarente ?

La Semaine sainte de Tarente est la semaine qui précède Pâques ; elle change donc chaque année. Pâques tombe le dimanche après la première pleine lune du printemps, entre le 22 mars et le 25 avril, et les rites ont lieu le plus souvent en avril, environ une fois sur trois en mars (en 2027, le Jeudi saint tombe le 25 mars). Le Jeudi saint sortent les perdùne, les confrères encapuchonnés et pieds nus du Carmine, et à minuit la procession de l’Addolorata ; le Vendredi saint sortent les Misteri, qui rentrent le samedi matin. Tarente est à une demi-heure de voiture de Corni di Fiasco.

Quand fête-t-on la Madonna della Madia à Monopoli ?

Deux fois par an. À l’aube du 16 décembre, la fête liturgique, et le soir du 14 août, pendant la fête d’été, on fait revivre à Cala Batteria l’arrivée par la mer de l’icône qui, selon la tradition, accosta sur un radeau en 1117. Par mer agitée, il arrive que la reconstitution soit annulée. Monopoli est à une heure vingt de voiture de Corni di Fiasco.

Les fêtes alentour, et le soir le feu à la maison.

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